« Huit mois pour te perdre », une mère avant tout

Bonsoir tout le monde ! Je profite de mon premier jour de repos de la semaine pour revenir avec ma lecture préférée du mois de juillet : Huit mois pour te perdre de Marie-Diane Meissirel. Je remercie à nouveau Eric Poupet pour l’envoi (et pardon d’avoir été longue à l’écrire).

C’est quoi le pitch Holly ?

41vxqfo0xsl-_sx338_bo1204203200_Emma est française, expatriée en Croatie, elle y conseille le ministère de la justice. Dunja est croate. À soixante ans, elle aimerait prendre sa retraite mais doit travailler pour gagner sa vie et entretenir son fils musicien. Les deux femmes ont un lien : le bébé d’Emma, Bruno, dont Dunja est la nourrice. Alors qu’Emma s’absente souvent pour son travail, Dunja et Bruno fusionnent et l’amour de Dunja pour l’enfant ne cesse de grandir. Le quotidien de ces trois personnages n’est pas parfait, mais ils ont trouvé un certain équilibre. Jusqu’au jour où Emma, rentrant de voyage, apprend que son appartement a été cambriolé et que Bruno et Dunja ont disparu. Ces deux événements pourraient-ils être liés au passé d’Emma qui a longtemps travaillé sur les questions de crimes de guerre dans la région ? Qu’est-il arrivé à Bruno et Dunja? Emma arrivera-t-elle à les retrouver à temps ?

On en pense quoi ?

Huit mois pour te perdre est un roman à deux voix qui se déroule en Croatie, peu avant son entrée dans l’Union européenne. On me parle beaucoup de ce pays et de plonger grâce à ce roman dans cet univers m’a beaucoup plu. L’histoire se passe donc à Zagreb, où le conflit yougoslave fait régner la terreur. Marie-Diane Meissirel a travaillé dans ce pays et on ressent pleinement les influences qu’elle a pu vivre durant cette période. C’est agréable d’avoir un auteur qui maîtrise son sujet (ndlr : Mémé dira qu’on peut pas faire mieux que Romel). Elle dévoile, d’une manière fictionnelle, une vision permettant de comprendre quelque peu ce conflit fratricide complexe et bouleversant (pour ne pas utiliser le mot souffrance).

On suit donc deux femmes : une qui s’éloigne affectivement de son bébé et l’autre qui s’en éprend. Pour oublier celui qui lui a offert ce merveilleux cadeau mais qui était incapable de l’élever avec elle, Emma se réfugie dans son travail en poursuivant des missions auprès du gouvernement croate. Bruno, son fils, est un bébé difficile, pleurant sans cesse, l’exaspérant et la décourageant dans son rôle de mère. Pour s’en occuper et lui donner toute l’affection nécessaire, elle embauche Dunja, une femme croate, très discrète et malheureuse dans sa vie. Mais Emma ignore que Dunja souffre elle aussi : son fils aîné est décédé, et son cadet a de très mauvaises fréquentations.

Mais un événement va fragiliser cet équilibre que tout le monde pensait idéal et approprié. Dunja disparaît avec Bruno. Emma va alors prendre conscience du fossé qui la sépare de son fils, délaissé pour son travail. L’angoisse et la culpabilité vont augmenter au fur et à mesure que les heures défilent sans savoir où ils sont. Emma va alors se souvenir de son histoire d’amour perdue et ses premiers pas de mère. Durant tout le roman, on va aussi suivre Dunja avant cet événement et comprendre ce qui l’a poussé à en arriver là, à partir avec Bruno. Ce petit bébé est devenu un transfert pour elle, un nouveau moyen de se rattraper en tant que mère, une bonne mère qu’elle pense ne pas avoir été avec son fils vivant, et son fils décédé aussi.

C’est donc en décalage que l’on va suivre ces deux femmes jusqu’à leurs retrouvailles. Deux récits à la première personne qui vont se rejoindre crescendo, tenant en haleine jusqu’au dénouement final. Un hymne à l’amour maternel magnifiquement présenté, décrit avec beaucoup de sensibilité. Cela permet aussi de réfléchir sur comment cet amour peut être défini, que ce soit de manière innée ou non, ou par le destin et ses événements possibles. On finit par espérer que ces huit mois vont être ceux de la reconquête du statut de mère.

Conclusion

Un incroyable roman. J’en suis ressortie toute chamboulée et ce dans le bon sens. Une très belle vision de la mère qui donne envie de le partager avec la sienne. Un contexte touchant avec beaucoup de pudeur dans les mots qui donne envie tout de même de découvrir la Croatie. A lire absolument !

About Holly Goli

Holly Goli ou Noémie de mon prénom. 90's girl vouant un culte à Audrey Hepburn, passant son temps à écrire sur tout et n'importe quoi, culturée jusqu'au bout des ongles, prof d'anglais, ex-étudiante en lettres et ex-assistante de français chez les Anglais.

2 thoughts on “« Huit mois pour te perdre », une mère avant tout

    1. Bonjour. Merci de ton passage. Il est vraiment chouette c’est sûr. A très bientôt et hésite pas à me prévenir si tu le lis 😉

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