« Elles s’aimaient très très fort », le témoignage de Nadia Karmel

Bonjour tout le monde ! Une nouvelle chronique aujourd’hui qui va changer de ce que vous avez l’habitude de lire ici. Je ne me suis jamais cachée que j’étais une lectrice éclectique. Je lis de tout. C’est pourquoi je vais vous parler du livre de Nadia Karmel : Elle s’aimaient très très fort.

Dimanche 1 septembre, j’ai fait partie de ceux qui ont regardé le portrait de la semaine de l’émission 7 à 8. Nadia Karmel y racontait son histoire : en 2018, elle a perdu ses deux petites filles de 3 ans et demi et de 26 mois dans un accident de la route causé par un homme qui était connu pour des excès de vitesse. Ma sœur et moi avons eu une discussion sur ce sujet et c’est pourquoi j’ai souhaité lire ce témoignage. Merci à Marie d’avoir accepté de m’envoyer ce livre.

C’est quoi le pitch Holly ?

« Le 3 avril 2018, sur le chemin de notre maison, un homme, un quadragénaire multirécidiviste est venu percuter si violemment ma voiture que nos vies ont basculé dans l’horreur. Mes filles, Lila, trois ans et demi et Adélaïde vingt-six mois n’ont pas survécu. Quant à mon fils Isaac, âgé d’à peine un mois à l’époque ainsi que moi-même, nous aurons des séquelles à vie.

Ce livre n’est pas le récit d’un accident de la route mais la description d’un acte de violence avec une voiture, totalement prévisible. Car oui, utilisée n’importe comment, une voiture devient, comme tout autre objet, une arme.

Nous apprenons chaque jour à nos enfants à ne faire de mal à personne mais nos actes sont-ils toujours à la hauteur de nos paroles ? Nos valeurs peuvent-elles être correctement diffusées lorsque nous-mêmes ne les respectons pas ?

Chaque fois que nous prenons le volant, posons-nous ces questions : ne suis-je pas en train de commettre un abus au point de me mettre en danger et de mettre en danger les autres ? Pourrai-je embrasser mes enfants ce soir ou permettre aux autres usagers de le faire en agissant de la sorte ?

Levez le pied, soyez prudents, pensez à vous, pensez aux autres, respectez-vous, respectez les autres, aimez-vous et aimez les autres…

Elles, elles s’aimaient très très fort… »

On en pense quoi ?

Je ne suis pas certaine que le qualifier de coup de cœur est une bonne chose. Ce témoignage est inqualifiable. Il est impossible pour moi de cataloguer une telle histoire. Une histoire qui m’a fait pleurer du début à la fin. Chaque page que je tournais, c’était à chaque fois des larmes de versées devant la souffrance d’une mère et son besoin d’en parler et de dénoncer les choses pour changer et alerter.

Le 3 avril 2018, Nadia Karmel a perdu ses deux filles, ses petits chats, Lila et Adélaïde, dans un accident de voiture. Isaac, son fils âgé d’un mois, a lui été grièvement blessé, comme sa mère. Le responsable est un quadragénaire déjà connu pour avoir un nombre incalculable d’excès de vitesse à son actif. Il pleuvait, il roulait vite, a dérapé et a fini sa course dans la voiture de Nadia.

Cette histoire se découpe en peu de chapitres. Tout d’abord, Nadia parle de sa famille, de comment elle s’est créée, formée, avec Damien puis avec Sébastien et la naissance de leurs enfants. C’est une belle famille recomposée qui vit harmonieusement ensemble. J’ai été profondément marquée par cette partie. Je savais qu’il existait des familles vivant comme dans un conte de fées mais de savoir que plus tard, elle a été chamboulée, j’en avais les larmes aux yeux. Je n’ai pas encore d’enfants. J’en veux mais cela ne se fait pas seule. Je me suis mise à sa place en fait et ça m’a fait du bien, d’avoir pu lire ce bonheur sans nom.

Et puis après vient le drame. Le voir écrit, c’est quelque chose. C’est troublant et surtout éprouvant. Je suis une véritable éponge et j’ai tout pris en plein visage. Pourtant Nadia Karmel le décrit comme elle l’a vécu, sans forcer le trait. Elles s’aimaient très très fort est vraiment l’histoire de ses filles avant tout. Les mots sont simples mais qu’est ce qu’ils font mal ! Des milliers de gens meurent sur les route. Je le sais, tout le monde le sait mais se dire que des enfants peuvent aussi mourir … ça me fait mal. Un enfant c’est l’innocence. Comment peut-on s’en prendre à l’innocence. Ca me dépasse.

Ensuite Nadia raconte l’après accident. Le décès de Lila, puis d’Adélaïde. Cette souffrance … c’est dur à lire mais cette dignité … elle est tout aussi belle et tout aussi éprouvante. Un parent n’est pas fait pour survivre à son enfant et pourtant … Nadia, Damien et Sébastien le font. Je ne peux que avoir de l’admiration pour ces personnes. Je crois bien que j’aurais été incapable d’affronter ce qu’ils ont vécu.

Vient ensuite sa reconstruction, les blessures d’Isaac et les siennes qui guérissent. La vie doit reprendre son cours mais comment la reprendre quand la chair de votre chair n’est plus. Je me souviens de cette phrase de la cheffe cuisinière Anne Alassane à la mort de ses deux petites filles, Rose et Louise :

J’ai un coeur pour chacun de mes enfants. J’ai donc deux coeurs qui se sont brisés avec elles.

C’est vraiment cela qui pourrait aussi qualifier l’histoire de Nadia Karmel. Deux cœurs de brisés et un qui bat encore pour Isaac. C’est aussi à ça qu’elle se raccroche pour survivre et continuer sans ses petits chats.

Mais il y a aussi le coupable. Nadia a besoin de faire son deuil mais une mort, même accidentelle et involontaire, doit voir son coupable être sanctionné. Pour certains, cela pourrait sembler injuste ou autre chose mais là ce n’est pas n’importe quel genre de coupable. Il s’agit ici d’un homme qui fait régulièrement des excès de vitesse, a qui on a déjà suspendu le permis et qui le récupère bien plus vite que la normale. Nadia explique que si la loi avait été correctement appliquée, l’accident n’aurait jamais eu lieu puisqu’il l’aurait récupéré après la date fatidique du 3 avril 2018. Des « et si » supplémentaires pourraient entrer en compte mais en aucun cas Nadia Karmel cherche à « enfoncer » le responsable de la mort de ses filles. Elle le tient pour responsable mais elle estime que la loi et la justice n’ont pas fait correctement leur travail et que eux aussi, sont tout aussi responsables.

A travers sa terrible épreuve, elle cherche à démontrer que des gens qui ont déjà des excès de vitesse à leur actif, qui sont donc connus pour être dangereux au volant, doivent être étroitement surveillés et que tout doit être fait pour qu’ils ne recommencent pas. Je fais le parallèle avec les récidivistes comme par exemple des pédophiles et encore plus récemment ce médecin. On savait de quoi il était capable et on a continué à le laisser exercer, à faire du mal à des jeunes enfants. Je peux sembler dure dans mes propos ou mal m’exprimer mais c’est comme ça que je le vois.

Quand quelqu’un a déjà commis un délit, il ne faut pas le laisser recommencer. C’est aussi simple qu ça. Je ne veux pas me faire l’avocat du diable ou défendre quiconque dans cette histoire mais je comprends ce que Nadia veut dire. Elles s’aimaient très très fort n’est pas une histoire affreuse à faire pleurer dans les chaumières. C’est une histoire bouleversante qui met en lumière le fait que parfois, des choses peuvent être évitées si on fait correctement son travail. Cela lui est arrivé à elle mais cela aurait pu être l’histoire de n’importe lequel d’entre nous.

Les dangers au volant, on nous en parle souvent. On a des tas de spots publicitaires qui nous mettent en garde pourtant, on continue de voir des gens mourir sur les routes parce que les règles ne sont pas respectées. Le témoignage de Nadia Karmel est là aussi pour faire une sorte de prévention sur ces dangers. Si on pouvait tous y mettre du nôtre, cela éviterait de voir des petites Lila et Adélaïde partir alors qu’elles n’ont pas mérité cela.

Conclusion

Elles s’aimaient très très fort est un témoignage bouleversant sur l’amour d’une mère pour ses enfants disparues mais aussi un témoignage qui met en lumière les anomalies de la loi et autres qui auraient pu éviter un tel drame. Dans dix jours, le procès contre le chauffard va avoir lieu. Certains n’en n’ont rien à faire. Vous avez tort. Je pense que vous devriez lire le témoignage de cette mère rien que pour comprendre ses raisons et ses motivations. Ce n’est pas une question d’argent, c’est une question d’amour et de responsabilité. Merci à vous Nadia et bravo pour votre dignité. Je vous admire.

PS : je vous invite à suivre sa page Facebook consacrée à ses filles et son histoire : Lila et Adélaïde.

A propos de Holly Goli

Holly Goli ou Noémie de mon prénom. 90's girl vouant un culte à Audrey Hepburn, passant son temps à écrire sur tout et n'importe quoi, culturée jusqu'au bout des ongles, prof d'anglais, ex-étudiante en lettres et ex-assistante de français chez les Anglais.

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