“L’homme qui brûlait d’être Dieu”, la quête impossible

Cet article est dédié au policier et à sa compagne assassinés lundi soir. Ils vivaient non loin de la ville où je suis née alors cela me touche particulièrement.

Bonsoir tout le monde ! Je reviens vers vous avec le dernier roman, le dernier envoi d’Eric Poupet : L’homme qui brûlait d’être Dieu de Jean-Michel Riou. Tout ce qui touche à de l’ésotérisme ou à la religion m’intéresse énormément et c’est pourquoi j’avais demandé à lire ce roman. Je n’ai pas été déçue de ma lecture.

C’est quoi le pitch Holly ?

2048x1536-fit_l_homme_qui_brulait_d_etre_dieu« J’ai trahi, volé, tué, commis tant de fois le mal que le diable ne me trompe jamais. Je sais quand il approche. Au premier regard, j’ai compris que cette femme, Esther Stanhope, serait un danger mortel. C’était le 3 février 1809. Jusque-là, les épreuves n’avaient pas manqué, mais je les avais surmontées, et celles que j’avais connues depuis le départ de Nantes en compagnie de Simon Le Floch et Roustam n’étaient rien, eu égard à ce que moi, François Malthus de Retz, j’avais affronté avant. Pour être précis et vrai, mes manœuvres, mes tromperies avaient produit peu d’effets malgré ce que je détenais : une résine de myrrhe qui, distillée, était devenue un remède inestimable. J’étais la preuve « vivant » que l’onguent guérissait les plaies mortelles. Mais pour que l’alchimie se répète, il fallait trouver la vallée de l’ancien royaume de Saba où prospérait le suc des arbres à myrrhe. Une expédition risquée, même si une carte d’Arabie devait m’y conduire. Alors, si ce trésor existait, la substance qui m’avait sauvé serait reproduite des centaines, des milliers de fois – et combien encore ? De quoi soigner et soumettre n’importe qui. Mon projet se résumait ainsi : posséder cette substance bienfaisante par n’importe quel moyen, quitte à commettre les pires exactions. »

On en pense quoi ?

L’homme qui brûlait d’être Dieu frôle le coup de coeur. Pourquoi ? Tout simplement parce que j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire dès les premières pages. L’auteur a choisi quatre narrateurs différents, un narrateur pour chaque partie (chacune à un titre et une phrase qui l’accompagne,j’aime beaucoup) et malheureusement, l’armateur Joseph Cordier, le premier narrateur, j’ai eu du mal avec lui. Il parle de beaucoup de choses concernant ses bateaux et son travail et là … il m’a un peu perdue. Mais après, dès qu’apparaît le personnage de Simon Le Floch, qui est aussi le second narrateur, le livre devient vraiment très intéressant.

Jean-Michel Riou a choisi pour ce roman d’aventure de partir à la quête de la myrrhe, l’une des offrandes des Rois Mages à Jésus pour sa naissance. Pour cela, il nous plonge dans les secrets de l’Orient, en 1809. Il a une écriture très riche, que ce soit en mots ou en faits, mélangeant avec une facilité déconcertantes des personnages fictifs et historiques comme Esther Stanhope, qui a réellement existé par exemple. J’ai vraiment été bluffée par tout ça. J’ai clairement ressenti son travail de recherche pour rendre le livre le plus intéressant possible et en faire un véritable roman d’aventure. Il mêle entre autres des accélérations, des ralentissements et des flashbacks, qui donnent envie de continuer de lire l’histoire sans la lâcher une minute. Les descriptions sont justes parfaites, on imagine pleinement le décor et cela fait voyager. Pour finir, choisir cette myrrhe, cet élément que l’on trouve dans la Bible, est un excellent choix. Cela m’a permis de redécouvrir des choses et de plonger dans une autre vision de la religion.

Pour moi ce roman, c’est avant tout la quête du Graal, la quête impossible où la seule issue est la mort (rappelez-vous ce pauvre Galaad dans la légende des Chevaliers de La Table Ronde) mais … avec une fin digne de ce nom quand même. Après, c’est le thème que j’adore, un thème qu’on voit dans la littérature classique et aussi dans la mythologie : l’ubris. Vous savez, cet orgueil mal placé qui vous place au-dessus de tous, même de la puissance divine qui régit notre monde. Tous les personnages du roman sont victimes (plus ou moins, cela dépend) de cela mais un en particulier : Malthus de Retz. Il détient une potion miraculeuse qui guérit tous les maux du monde mais en quantité insuffisante malheureusement pour pouvoir s’assurer une réputation, que dis-je !, son pouvoir, la reconnaissance que lui seul peut décider de la vie et de la mort. La seule solution pour lui est de se rendre en Arabie Heureuse, là où pousse un verger d’arbres de myrrhe, ingrédient essentiel de sa potion. La myrrhe va l’enrichir, il n’y a aucun doute mais … il la veut pour lui seul. Et il est prêt à tout, même au pire. Pour y parvenir, il a donc un plan : sauver de la mort Simon Le Floch, second sur le Redoutable, rongé par la gangrène et facilement influençable. En contrepartie, le protecteur et ami de ce miraculé, Joseph Cordier, s’engage à l’aider dans ce périple dangereux. La quête d’un Graal est alors lancé.

Du début à la fin, on suit donc Malthus et Simon. On développe pour chacun d’eux des sentiments totalement opposés. On aime la fraîcheur de Simon, on déteste Malthus qui n’est pas clair dès le début. Autour d’eux gravitent donc d’autres personnages dont Esther, belle aventurière qui cache un jeu, un jeu dangereux mais … ne serait-il pas pour la bonne cause ? Et la fin … un peu abrupte certes mais tellement logique. Elle change le roman qui était une aventure en une légende, un mythe même. Les différents narrateurs offrent des points de vue différents de cette quête et cela n’est pas plus mal car en plus, on en découvre sur chacun d’eux et cela parfois répond à certaines questions que l’on se pose sur les intentions de chacun. Et puis, il y a une morale avec cette fin. Le roman devient aussi une fable.

Conclusion

Un excellent roman de Jean-Michel Riou, un roman qui mêle de nombreux éléments historiques et fictifs avec beaucoup d’habileté. L’écriture est fluide et travaillée, offrant différentes visions, genres à cette histoire. Ce n’est pas seulement un roman fictif d’aventure, c’est une légende, un mythe, ou une fable. Un roman contemporain qui peut rivaliser avec les grands classiques. Un voyage exotique au suspense parfois haletant. Vraiment, à lire absolument !

About Holly Goli

Holly Goli ou Noémie de mon prénom. 90's girl vouant un culte à Audrey Hepburn, passant son temps à écrire sur tout et n'importe quoi, culturée jusqu'au bout des ongles, prof d'anglais, ex-étudiante en lettres et ex-assistante de français chez les Anglais.

4 thoughts on ““L’homme qui brûlait d’être Dieu”, la quête impossible

  1. Bon celui-ci n’est clairement pas pour moi, j’ai essayé plusieurs fois ce genre de roman historique, d’aventure, de religion et clairement au mieux je le finis mais ça s’arrête là. Je finis City on fire, puis j’entame le tome 2 de saga royale ;D

    1. Je suis actuellement sur le dernier Virginie Grimaldi et ensuite, j’attaque le tome 2 de Royal Saga. Et j’ai hâte 🙂

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