1984 de George Orwell … une plongée théâtrale entre sons et images

Bonjour tout le monde ! J’espère que vous allez bien en cette fin de soirée. J’ignore si chez vous il a fait beau mais ici à Coventry … c’est encore et toujours la pluie (mais nous sommes en Angleterre donc plus rien ne me surprend même si parfois cette pluie m’énerve un peu). Toujours est-il qu’aujourd’hui, je vais vous parler de 1984 de George Orwell. Non pas du livre publié en 1949 et que j’ai étudié préalablement en première année de fac non ! Mais de son adaptation théâtrale que j’ai eu le plaisir de voir vendredi soir (et après la journée que j’ai eu avec mes élèves … c’était bien mérité !).

Nous avons toujours le même speech : Avril, 1984. 13:00. Camarade 6079, Winston Smith, pense, tient un journal intime, et tombe amoureux. Mais Big Brother le surveille – et la porte de la chambre 101 peut être ouverte à tout moment (traduction à ma sauce of course).

Il s’agit bien évidemment d’une version un peu épurée de l’oeuvre de George Orwell de manière à ce que des jeunes de 14 (minimum) ans puissent assister à la représentation. Et puis comme toute adaptation, il est difficile de traiter l’intégralité du roman. Le plus important est que la trame principale soit respectée. Qu’en ai-je pensé alors ? Et bien je dois dire que j’ai été réellement surprise car certes, de nombreux passages ont été réduits (je pense à la suppression de la voisine de Winston) car la représentation dure presque deux heures tout de même, mais il ne s’agit pas seulement de théâtre. En effet, il y a un mélange de sons et d’images qui s’ajoutent à ça. Oui ! La scène représente une seule et unique pièce : c’est à la fois l’appartement de Winston au début du roman, la salle de cantine, … donc cela explique que parfois quand on change d’endroit dans le roman, on se retrouve face à l’utilisation de musique et/ou vidéo. Par exemple (car sinon, vous n’allez pas me suivre), lorsque Winston retrouve Julia dans une chambre à l’abri de Big Brother, on suit donc une caméra braquée sur Winston qui se reflète sur un écran juste au dessus de la scène : nous suivons le visage de Winston qui voyage jusqu’à la chambre. Ca surprend un peu au début je vous l’avoue mais après … why not ? Ca permet de se sentir moins … « confiné » à l’espace de la scène.

Voici l’extrait concernant les deux minutes de la haine.

Sinon, en ce qui concerne cette version de 1984, , nous sommes dès le départ dans la tête de Winston. En effet, lors de la scène d’ouverture, nous avons Winston assis à sa table, rédigeant son journal (l’écran ci-dessus, grâce à une caméra sur la lampe, nous permet de lire ce qu’il écrit sur le journal). Autour de lui, nous avons 5 personnes qui discutent du roman et de Winston puis petit à petit, nous plongeons dans l’intrigue. Les 5 personnages deviennent à leur tour un personnage de l’histoire (ils reprennent les rôles comme celui d’O’Brien par exemple) et donc on en oublie que nous sommes dans la tête de Winston pour rentrer dans le vif du sujet si je peux dire. Pourtant, nous sommes toujours dans sa tête mais comme si nous étions à l’extérieur, genre un fantôme (oui elle est nulle mon interprétation), et que nous suivions ses moindres mouvements. Les jeux avec l’image sont là pour ça je pense. Parfois, j’ai eu le sentiment d’être à la place de Big Brother et d’observer Winston, de ne plus être dans sa tête. Ce fut un peu grisant je le reconnais (se mettre dans la peau d’un des plus célèbre dictateur de la littérature … Je dis oui !). Avec ceci s’ajoute le son : de la musique qui se pointe alors qu’on ne l’attend pas et qui parfois m’a fait faire des bons dans mon siège (et ma coloc’ française était morte de rire) tant j’étais prise par l’histoire.

Big Brother qui fait un lavage de cerveau à Winston (sacrées scènes de torture d'ailleurs)
Big Brother qui fait un lavage de cerveau à Winston (sacrées scènes de torture d’ailleurs)

 

1984-2-nottingham-playhouseConcernant les personnages … Julia est exactement comme je me l’imaginais … je n’ai eu aucun mal à la reconnaitre dès son entrée en scène. Winston, enfin, le comédien qui l’interprète est assez craquant je dirais. Un bon British quoi ! Il joue avec le flegme que j’ai toujours imaginé lorsque j’avais une vision de Winston dans ma tête lors de ma lecture du livre.

Après, j’ai adoré la vision du metteur en scène pour la Room 101 (se prononce « room one O one ». Désolée, anglais oblige car c’est moche en français). Cette pièce est censée représenter les peurs les plus profondes de celui qui se trouve enfermé à l’intérieur. J’ai toujours eu du mal lors de l’étude du roman en première année de fac et là … ce fut clair comme de l’eau de roche ! Des toiles plastiques blanches, scotchées sur la scène. Un décor tout simple qui peut rappeler le stéréotype que l’on a des chambres d’hôpital psychatrique. Moi j’ai aimé cette vision. On est pas dans le noir total car j’avoue que si ça avait été noir … ça m’aurait gênée. Et puis entre nous, la Room 101 est là pour du lavage de cerveau alors le blanc est le mieux pour ça. Passons au reste … Parfois, des scènes se répétaient (je pense au fait que l’histoire se passe essentiellement dans le ministère) mais c’était pour mieux saisir le fait que Big Brother à la main sur tout. Pour ceux qui ont lu le roman, on se souvient tous qu’O’Brien est « effacé », comme s’il n’avait jamais existé (c’est d’ailleurs une partie du job de Winston non ?) et donc la scène de la cantine se répète trois fois. Dans les deux premières, nous avons O’Brien mais pas dans la dernière, ça permet de comprendre qu’il a été totalement effacé.

En bref … après presque deux heures de représentation, j’en suis ressortie comme si désormais, le roman n’avait plus de secrets pour moi. Et puis niveau compréhension j’ai pas eu de problèmes car ayant lu le livre … je savais à quoi m’attendre. Je sais bien que vous ne pouvez pas venir le voir en Angleterre (même si la pièce se joue jusqu’en novembre) mais voilà … j’avais envie de partager avec vous un petit bout de ma vie anglaise enfin … de la culture car je ne passe pas mon temps libre qu’à corriger des copies et parler de ma bedroom.

Crédits photos : Warwick Arts Centre on Facebook

PS : ayant moins de 26 ans, j’ai payé seulement 12,50£ et en plus, on pouvait prendre des mini-badges gratuits avec des citations de la pièce. J’en ai pris 3 : « War is peace« , « Freedom is Slavery » et « Ignorance is Strength » soit le crédo de Big Brother (dont la dernière a fini accrochée sur ma veste de costume). Dès que je peux, je vous poste des photos de mes badges.

About Holly Goli

Holly Goli ou Noémie de mon prénom. 90's girl vouant un culte à Audrey Hepburn, passant son temps à écrire sur tout et n'importe quoi, culturée jusqu'au bout des ongles, prof d'anglais, ex-étudiante en lettres et ex-assistante de français chez les Anglais.

10 thoughts on “1984 de George Orwell … une plongée théâtrale entre sons et images

  1. Ca me fait penser que si je me souviens de la trame général du livre j’ai totalement zappe les détails. En tout cas ça doit être quelque chose de le voir au théâtre. J’aurais bien aimé y être !

    1. Alors là oui ! Mais c’est vraiment super génial ! Le fait de mélanger image et son rend le truc encore plus fort. Ma dernière fois au théâtre, j’avais 17 ans et j’ai vu Electre de Sophocle avec Jane Birkin dans le rôle principal. J’en avais gardé un très bon souvenir aussi. Qui sait … il y aura d’autres occasions en Angleterre ^^

  2. Ce bouquin… la révélation lors de ma L1. La pièce doit être pas mal (et j’aurais adoré avoir les badges aussi^^)
    J’espère que tout va bien 🙂 Bisous

    1. Justine !!! <3 La pièce était vraiment géniale. J'aurais adoré partager ça avec vous honnêtement. L'accent british était énorme à écouter. (Pour les badges j'ai pas osé en prendre beaucoup mais si j'avais pu … ^^).

      En tout cas tout va bien ici. Je suis enfin seule avec mes élèves et si le début fut dur maintenant tout va bien ^^.

      Plein de bisous et à très vite promis !

  3. 1984 est probablement l’un des livres les plus marquants qu’il m’ait été donné de lire et j’aurais adoré voir cette pièce de théâtre avec toi (même si j’aurais sans doute eu de grosses difficultés à comprendre !!! ;)). Au lycée, mon prof d’anglais nous avait fait voir le film et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il m’avait retourné. En regardant les photos de la pièce, je vois que l’atmosphère un peu inquiétante est intacte. Contente que tu ais passé un bon moment et merci de le partager avec nous ma No’ ! Bisoussss.

    1. Et bien tu vois, j’ai pas vu le film (mais j’ai vu V pour Vendetta qui pourrait un peu rappeler l’ambiance du livre) mais j’aurais bien aimé. C’est vrai que parfois, leur accent british était pas toujours compréhensible et donc heureusement que j’ai lu le livre sinon … j’aurais été bien embêtée. J’aurais aimé la voir avec toi c’est sûr 🙂 Bisous ma Pan <3

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