« Mutine » ou comment se reconstruire

Bonjour tout le monde ! Je profite de mes vacances pour rattraper mon retard dans mes lectures. La semaine dernière, un roman a fait son apparition dans toutes les librairies : Mutine d’Alexia Deafly publié aux Editions Blanche par Hugo et cie.

Aussi étrange que cela puisse paraître, les Editions Blanche n’ont jamais été une collection à laquelle j’avais envie de m’intéresser. Je la classais du côté 50 nuances de Grey version hard. Oui je sais, c’est bête.

Pourtant, il n’y a pas si longtemps, grâce à mon partenariat Fyctia, je me suis lancée dans la lecture de Endless Night. J’ai aimé ! Ce que j’aime avec Fyctia, c’est qu’il ne publie pas que de la New Romance. J’ai pu découvrir bien d’autres genres littéraires. J’ai toujours été bon public mais parfois, je fais des overdoses et les livres dans le genre 50 nuances … je finis par laisser tomber. C’est finalement, sans le savoir elle-même (elle le découvre en même temps que vous), mon amie Marlène qui m’a donné envie de tenter ce roman. Et oui ma belle, tu vois, échanger avec toi m’apporte plein de choses. J’ai lu Outrage de Maryssa Rachel qui, malgré le contenu, m’a marquée d’une certaine façon. J’ai voulu tenter l’expérience Editions Blanche. Et quand on sait qu’il a gagné le prix « Nuits blanches » de Fyctia, et bien j’y vais les yeux fermés (je te fais confiance Marine !) Merci à Magali et surtout Olivia pour cette découverte.

C’est quoi le pitch Holly ?

Dissimulée derrière son masque de soie, la mystérieuse Mutine, propriétaire avec son mari du club  » The Silence « , permet aux clients de l’Alcôve de réaliser leurs fantasmes les plus secrets et les plus inavouables. Passée maître dans l’art de la double vie, Mutine jongle parfaitement entre son rôle de mère, son poste à responsabilité le jour et ce rôle d’hôtesse des plaisirs la nuit. Mais à la mort de l’homme de sa vie, cet équilibre parfait vole en éclats. Mutine va devoir apprendre à surmonter son deuil et à se reconstruire malgré le manque de l’être aimé. Pour cela, elle pourra compter sur son meilleur ami bisexuel : Manu. Grâce à son humour, son affection et une bonne dose d’audace, il va permettre à son amie d’ouvrir les yeux sur celle qu’elle est réellement.

On en pense quoi ?

C’est un Drame psychologique et moi, je craque. J’ai même pris une jolie claque. Je m’attendais à du sexe à foison avec les Editions Blanche et bien j’avais tort. Et je l’assume. Mutine est un excellent roman, mon coup de cœur s’est confirmé dès les premières pages.

Mutine, c’est un pseudonyme. Celui d’une femme qui, la nuit venue, dirige un établissement privé où les clients peuvent réaliser le moindre de leurs fantasmes. Avec son mari Paul, son bras droit, elle mène de front cette vie faite de luxure et celle de jour, personnelle, auprès de ses enfants. Jusqu’à présent, cet équilibre fonctionne parfaitement … jusqu’à la disparition brutale de Paul. Pour Mutine, c’est le début de l’enfer. Privée de l’autre moitié de son âme, son bonheur comme elle l’appelle, elle peine à tenir. Elle va s’écrouler. La seule chose qui l’en empêche, ce sont ses enfants. Si sa vie le jour semble tenir le coup à vue d’oeil, sa vie la nuit a pris du plomb dans l’aile. Elle embauche Manu comme comptable pour l’épauler. Très vite, il va prendre une place importante dans sa vie : celle de meilleur ami. Manu connaît la vraie vie de Mutine et il est le seul. Aucun des employés nocturnes de Mutine ne la connaît. C’est la règle qu’elle et Paul se sont fixée.

Oui mais voilà, Mutine doit apprendre à vivre sans Paul la nuit et ça, elle le vit très mal. A travers les couples qui viennent assouvir leurs désirs et leurs fantasmes, Mutine revit, à travers un geste ou un mot, un moment de sa vie aux côtés de Paul. Plus le temps passe et plus cela l’oppresse. C’est alors que Manu entre en scène. Il devient son roc et va l’aider à remonter la pente. Et si, au bout du chemin, Mutine reprenait goût à la vie et à l’amour ?

Difficile de ne pas avoir envie de vous en parler plus. Tout ce que je sais, c’est qu’il faut lire ce roman. On a tous vécu un deuil dans notre vie : un parent, un ami ou encore un premier amour. On dit toujours qu’il y a plusieurs étapes à franchir pour faire son deuil. Mutine est clairement bloquée à la première : le déni. Elle est incapable de se dire que son mari n’est plus. Elle continue de communiquer avec lui, à travers les carnets qu’ils tenaient ensemble. Ce sont les seules traces existantes de leur amour. Il était son premier amour et elle veut qu’il soit le dernier. Point.

Mutine m’a touchée. Son histoire d’amour, je ne peux m’empêcher de la comparer à celle de mes grands-parents. C’est bête mais c’est comme ça. Quand on sait qu’ils s’aiment depuis qu’ils ont quinze ans, qu’ils ont onze enfants et que cette année marque le soixantième anniversaire de leur mariage … Je ne peux qu’être admirative. Parfois, plus jeune, quand ils marchaient dans la rue, je me mettais derrière eux, juste pour les voir se tenir la main. Et c’est ce simple geste que j’ai envie d’associer l’amour de Mutine et Paul. Ils font tout à deux. Ils affrontent tout à deux, comme mes grands-parents avec Parkinson (Pépé en est atteint). Et c’est là où je comprends la détresse de Mutine. Je crois que le jour fatidique où Pépé et Mémé seront séparés, je ne devrai pas juste faire le deuil de leur absence mais aussi celui de leur amour. Alors oui, c’est le soir de la St Valentin au moment où je rédige ces lignes (je planifie), je suis seule, … mais mes grands-parents, c’est sacré pour moi. L’amour tout autant. Je rêve de vivre le même. En vous parlant d’eux, j’essaie juste de vous expliquer, de vous décrire l’amour de Mutine pour son mari.

Alexia Deafly nous le montre avec beaucoup de justesse et de pudeur. Nous ne sommes pas tristes pour elle, on la comprend. On comprend son calvaire et le fait qu’on ne puisse avancer. Au final, on devient Mutine car à un moment ou un autre de notre vie, on a vécu quelque chose qui y ressemble. Enfin bref … On la voit tenter de se reconstruire, petit à petit, au travers des étreintes charnelles de ses clients. Là aussi, c’est bien décrit, bien dosé. Ce n’est pas du sexe pour du sexe mais de l’érotisme, un moyen comme un autre d’aider Mutine à s’éveiller à la vie. Et ce qui rend les choses encore meilleures c’est que Mutine n’est pas la seule personne à s’exprimer. Non. Il y a aussi Manu, sa fille Célia, ses clients ou encore ses employés. Chacun d’eux, à leur manière, aident Mutine a remonté la pente et à retrouver sa vie nocturne. Ce roman devient un roman chorale car au final, on comprend que Mutine n’est pas la seule à souffrir et que chacun des personnages de Mutine ont besoin des uns des autres pour s’en sortir et vivre. Et c’est ça que je trouve magnifique.

Et à la fin du roman, la lumière fut. Façon de parler. On voit la vie s’éveiller à nouveau et dessiner un avenir. Avais-je deviné la fin ? Et oui. J’aurais du faire de la psychologie à l’université. Je suis pas si mauvaise que ça. Mais de voir les mots « A suivre » me laisse présager que Mutine reviendra à nouveau dans la lumière et une chose est sûre : je serai là !

Conclusion

Je ne dirai pas que c’est un pari osé pour les Editions Blanche de proposer un Drame Psychologique plutôt qu’un Roman Érotique mais presque. Je pense que les adeptes de cette collection seront surpris et même ravis. Mutine n’est pas un simple roman mettant en scène des étreintes charnelles. C’est un roman qui utilise quelques unes d’entre elle pour aider son héroïne à se reconstruire et à retrouver celle qu’elle a toujours été. Mutine est le roman de la reconstruction après la perte de la personne qu’on aime plus que tout au monde : sa moitié, son double, l’autre partie de son âme. Alexia Deafly utilise des mots justes et forts et exprime clairement où elle veut en venir. C’est un véritable coup de cœur. Je crois que désormais, je vais devoir me pencher un peu plus sur cette collection et vous, n’hésitez plus et lisez-le. Vous aussi, vous en sortirez différent et grandi de cette lecture.

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4 Commentaires on « Mutine » ou comment se reconstruire

  1. Marlène eloradana
    15 février 2018 at 13 h 53 min (4 mois ago)

    Quelle chronique ! J’aime te lire, tu te livre toujours sans détour et franchement tu me donnes envie de me jeter sur le livre, que je vais très certainement lire lundi 🙂

    Tu sais que je n’ai pas vraiment aimé Endless Night, mais ici je perçois déjà ce qui me plaît dans la littérature érotique ! On en discute très vite !

    Et un grand merci pour ta mention à mon égard dans ton avis, sache que c’est vraiment partagé ! <3

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    • Holly Goli
      15 février 2018 at 14 h 13 min (4 mois ago)

      Avec les années, je parle de plus en plus de moi quand j’ecris mes chroniques.
      Oui, lis-le rapidement qu’on en parle ensuite. Effectivement, ça se rapproche de ce que tu aimes dans ce genre de roman.
      Et j’ai hâte de continuer à échanger avec toi. ❤️

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  2. Alexia
    16 février 2018 at 0 h 13 min (4 mois ago)

    Encore et encore et encore merci 🙂 ?

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