« L’amour des Loving », quand la couleur n’existe plus

Bonsoir tout le monde ! Au début de ce mois de mars, j’ai fini un roman absolument magique. Tellement magique que j’ignorais encore comment vous en parler sans omettre chacun des sentiments qui m’a habitée durant ma lecture. Ce roman, c’est L’amour des Loving de Gilles Biassette. Merci infiniment à Clarisse et Cynthia  des Editions Baker Street pour l’envoi de ce roman (et pour le cadeau qui l’accompagnait).

C’est quoi le pitch Holly ?

Ce roman nous plonge dans l’histoire, réelle et méconnue, du couple Loving, dont le combat a conduit à la légalisation des mariages mixtes, en 1967, aux États-Unis, au prix de la prison et de l’exil.

L’été 1958, dans la campagne de Virginie, le shérif fait irruption, en pleine nuit, dans la chambre de Mildred Jeter et Richard Loving. Leur seul crime : s’aimer. Car le Sud, dans les années 1950, punit toujours les unions mixtes. Or Mildred a hérité du teint sombre de ses ancêtres noirs et indiens, Richard, lui, est blanc. Le certificat de mariage de Washington, punaisé sur un des murs, n’y change rien. Jetés en prison, ils seront condamnés, puis bannis du comté et de Virginie, jusqu’à ce que des avocats travaillant pour le mouvement des droits civiques adoptent leur cause et portent l’affaire devant la Cour suprême.

Cinquante ans plus tard… Alors que Barack Obama vient d’être élu à la tête des États-Unis, John Bouvier, journaliste à l’Alexandria Chronicle, découvre cette histoire qui l’intrigue, et bientôt le passionne, en interviewant Harry Connors, l’ancien homme fort de Virginie dans les années 50 et 60. Le jeune journaliste doit écrire le portrait du politicien vieillissant. Gouverneur, puis sénateur, Harry Connors a défendu bec et ongles la ségrégation. Il a tout fait pour contrarier l’amour des Loving. Mais dans sa course effrénée au pouvoir, le sénateur a dû enfouir ses propres démons. John Bouvier va les sortir au grand jour…

On en pense quoi ?

J’ai eu un énorme coup de cœur pour ce roman. Point barre. Rien à ajouter.

Quand on est étudiante en lettres, en anglais même, plus particulièrement futur enseignant, on a plus ou moins des périodes historiques qui nous touchent. Si j’ai toujours été une adepte de la littérature britannique, j’avoue que c’est la civilisation américaine qui m’a toujours attirée. En particulier les années 60. C’est vrai, Audrey Hepburn a tourné de nombreux films à cette période (en même temps, Breakfast at Tiffany’s, mon film préféré, est sorti en 1961) mais elle n’est pas la seule personne que je retiens. Martin Luther King m’inspire le respect dans son combat pour l’égalité des blancs et des noirs (même écrire ces mots ainsi me gênent. J’ai toujours l’impression de manquer de respect ou de commettre une erreur en les écrivant ou les prononçant) tant est si bien que tout ce qui touche de près ou de loin cette égalité me bouleverse. J’ai même pensé pendant un temps faire un mémoire de recherche sur cette période (c’est pour dire mon engouement). Bref … la ségrégation est une période de l’histoire que je compte bien un jour étudier avec mes élèves.

Avant de lire ce roman, même d’en entendre parler, j’ignorais tout de l’histoire de Mildred et Richard Loving. Loving … un nom qui lui-même sonnait déjà comme une histoire où l’amour est plus fort que tout. Ne pas croire au Prince Charmant à 26 ans 3/4 (j’assume mon âge) serait de la folie. L’histoire des Loving aurait pu être un conte de fée dans une autre vie, dans une autre période. Merci à Gilles Biassette, l’auteur de ce roman, de nous offrir cette part de l’Histoire de la Ségrégation qui jusqu’à maintenant était dans l’ombre. Merci pour son travail de recherche car c’est le cas puisqu’il a reçu une bourse pour la réalisation de cet ouvrage.

L’amour des Loving c’est avant tout deux histoires, deux périodes différentes de l’Histoire américaine. Car avant de plonger dans l’histoire de Mildred et Richard, Gilles Biassette nous plonge en 2008, au moment où Barack Obama vient d’être élu Président des Etats-Unis, un moment historique. On suit John Bouvier, journaliste aux faux-airs de Matt Damon, qui doit interviewer Harry Connors, un homme qui a fait l’Histoire de la Virginie dans les années 50-60. Au fil de ses investigations, il se prend de passion pour l’histoire de Mildred et Richard Loving. C’est là qu’intervient la deuxième période qui donc se consacre à ce couple qualifié de « mixte ». C’est là aussi que la notion d’amour et de mariage prend tout son sens. Les Loving se sont mariés par amour et pour l’avenir de leurs enfants car contre tout attente, au moment de leur mariage, leur fils Sidney était déjà né et leur deuxième enfant était lui bien au chaud dans le ventre de Mildred. On les voit s’aimer puis souffrir car suite à leur mariage, ils sont condamnés. Condamnés pour s’aimer … Comment cela peut-il être possible ? JFK n’est pas encore président (nous sommes en 1958) et les noirs subissent plus qu’ils ne vivent. L’égalité n’est pas là. A défaut de la prison, c’est l’exil pour eux. Puis après l’exil, c’est le combat, le combat pour reconnaître leur amour aux yeux de la loi. On s’attache à chacun des personnages qui font ce roman, que ce soit en 1958 ou en 2008.

Il n’y a pas vraiment de mots qui pourraient exprimer ce que j’ai ressenti. Cette histoire est belle, bouleversante, racontée certainement de manière romancée par endroit mais tellement recherchée ! On sent bien tout le travail de recherche de Gilles Biassette dans sa façon de nous raconter cette histoire. D’ailleurs, il n’y a aucun drame, aucun patho dans ce roman. Juste un combat pour l’égalité et la reconnaissance. L’amour n’a pas de couleur, tout comme la religion j’ai envie de dire. Et c’est ce qui ressort vraiment dans L’amour des Loving. Après, ce que j’ai aimé aussi, c’est le fait de voir deux périodes s’entrecroiser. Cela permet de comparer les différentes mentalités dans les différentes époques présentées. J’ai aussi apprécié cette ironie, ce paradoxe qui se déroule dans la période de 2008. C’est en quelque sorte un joli pied de nez et un beau clin d’oeil aux Loving. Après, ne vous attendez pas à justement de la grande littérature et uniquement centrée sur les Loving. Vous aurez l’impression d’avoir été lésé ou même trompé. Surtout pas !

C’est justement ce qui fait ce roman. C’est avant tout un travail de recherche, un travail de l’Histoire avant d’être un roman. De plus, j’ai aussi aimé le point de vue politique de l’auteur qui se ressent dès le début du roman. Cela en fait un roman engagé dans la cause de l’égalité mais aussi dans la liberté d’expression. Pour moi, #JesuisCharlie prend tout son sens dans ce roman. Merci !

Conclusion

Un très beau coup de cœur ! Un roman mêlant travail de recherche et Histoire. Un roman qui démontre aussi que l’amour n’a pas de couleur et que nous sommes tous égaux quoi que l’on peut dire. Des personnages touchants chacun à leur manière.  Un soupçon de position politique qui renforce l’engagement de ce roman. Ce dernier va avoir une place de choix dans ma bibliothèque, il le mérite amplement et largement. Vraiment merci à Clarisse et Cynthia. C’est une vraie merveille ce roman !

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2 Commentaires on « L’amour des Loving », quand la couleur n’existe plus

  1. Casscrouton
    2 avril 2017 at 19 h 09 min (3 mois ago)

    J’en ai entendu pas mal parler à sa sortie et j’ai l’impression qu’il fait forte impression pour chaque lecteur qui l’a découvert. Ton avis hyper enthousiaste me donne envie de le découvrir, je note le titre et j’essaierai de le lire quand je serai en vacances !

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    • Holly Goli
      3 avril 2017 at 19 h 50 min (3 mois ago)

      Hiiiiiiiiiii ! Il existe en poche chez Points si tu veux 🙂 Mais vraiment, c’est une jolie pépite ce roman.

      Répondre

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